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La culture est une valeur ajoutée pour l’attractivité du territoire et l’économie d’un pays. Retour sur la genèse du projet de l’Institut culturel de Google expliqué par Nick Leeder, Directeur général de Google France, où les nouvelles technologies sont au service de l’art et de la culture.

Nick Leeder, Directeur général Google France

Nick Leeder, Directeur général Google France

 Quelle est votre politique culturelle dans la démocratisation des    œuvres d’Art ? Comment les technologies sont complémentaires ?

De nombreuses institutions culturelles travaillent sans relâche pour mettre leurs trésors  patrimoniaux en ligne, toucher de nouvelles audiences et communiquer avec les publics  existants  via Internet. Pourtant, ces institutions ne disposent pas toujours des ressources ou  de la  technologie nécessaires pour y parvenir. Et c’est là que Google peut faire la différence. La  vocation de Google depuis sa création est d’organiser l’information du monde pour la rendre  accessible et utile à tous. C’est dans ce cadre que Google s’est engagé à encourager l’accès à la  culture. Nous sommes persuadés que les nouvelles technologies et le savoir-faire de nos  équipes peuvent contribuer à la préservation, la valorisation et à rendre plus accessible les contenus culturels du monde entier.

Comment est né l’Institut Culturel de Google ?

En février 2011, nous avons lancé Art Project, fruit d’une collaboration sans précédent entre Google et 17 des musées les plus célèbres du monde, dont le Château de Versailles et le Musée d’Orsay en France, le MoMA et le Met à New-York, le Tate Britain et la National Gallery à Londres, ou encore le Musée Reina Sofía à Madrid. Le succès de ce projet nous a permis de réaliser que notre savoir-faire technologique pouvait apporter beaucoup de choses au monde de la culture. Nous avons donc créé en mai 2011 l’Institut Culturel de Google basée à Paris. Cet institut unique a pour mission de créer des outils qui favorisent la préservation et la valorisation des divers héritages culturels pour les rendre accessibles aux internautes du monde entier. C’est ainsi que nous avons continué à enrichir les collections de Art Project, créé le projet “Evènements historiques” avec des expositions en ligne et “World Wonders”, qui permet de visiter virtuellement des monuments.

Quelle est la place du collaboratif dans ce projet ? Quelles sont les retombées du projet ?

Tous les projets développés dans le cadre de l’Institut Culturel de Google le sont en collaboration étroite avec nos partenaires du secteur culturel, qui sont aujourd’hui plus de 600 à travers le monde. Nous échangeons en permanence sur les besoins qu’ils ont et essayons d’apporter des solutions grâce aux nouvelles technologies. Le projet “Evènement Historiques” par exemple, a été créé au départ en collaboration avec la Fondation Nelson Mandela. Ils avaient énormément de documents d’archives qu’ils souhaitaient rendre accessible au grand public tout en les accompagnant d’éclairages historiques. Avec les expositions en ligne, ils ont pu mettre en ligne ces documents numérisés en haute définition et expliquer leur histoire avec des commentaires et un fil directeur. Nous avons ensuite rendu cette technologie d’expositions digitales accessible à tous nos partenaires. Il y a aujourd’hui plus de 700 expositions en ligne sur le site de l’Institut Culturel de Google.

Combien de personnes travaillent sur ce projet pour permettre une expérience immersive, des fonctionnalités participatives et une qualité de rendu d’exception ?

Cet institut est composé de vingt-cinq ingénieurs qui travaillent sans relâche pour optimiser continuellement l’expérience de l’utilisateur. Ils développent des solutions d’hébergement, de visualisation et de numérisation pour aider les entreprises et institutions à créer, promouvoir et préserver la culture en ligne. Ces ingénieurs ont des profils variés qui représentent toute la complexité de l’ingénierie numérique aujourd’hui : du travail sur les œuvres en gigapixel à la technologie Search et Street View, en passant par la mise en ligne de contenus sur la plateforme.

Comment sont régis les droits d’auteur pour la publication des œuvres dans les galeries virtuelles ?

Nos partenraires depuis le tout début nous ont demandé que les droits d’auteurs soient entièrement entre leurs mains. Nos partenariats sont donc très clairs : les images haute résolution des œuvres d’art affichées sur le site appartiennent aux musées et collections partenaires, qui sont libres de les modifier ou compléter quand ils le souhaitent. Le cadre de notre partenariat permet de présenter ces oeuvres numériques dans le contexte de l’Institut Culturel. Google n’intervient pas sur la numérisation, sauf pour la numérisation en très haute définition (en gigapixels) de quelques oeuvres, comme le plafond de Marc Chagall à l’Opéra Garnier.

Pour les opérations comme celle de la première guerre mondiale dernièrement, comment décidez-vous de l’agencement des œuvres ? Vous faites appel à des conservateurs, des commissaires d’exposition pour leurs mises en place ?

Notre démarche est de mettre notre expertise technologique au service du monde culturel. Nous travaillons main dans la main avec nos partenaires pour développer des outils qui leurs sont utiles, afin qu’ils puissent se concentrer sur les contenus à mettre en ligne et sur la curation. Google n’intervient donc jamais sur le choix des contenus qui sont mis en ligne, ni sur la façon dont ces contenus sont présentés. Ce sont les commissaires d’expositions et conservateurs qui travaillent au sein de nos musées et organisations partenaires qui choisissent librement les thématiques qu’ils souhaitent aborder.

L’engagement de Google pour le patrimoine a-t-il une portée particulière dans notre pays ?

La France est à la fois un pays qui a un patrimoine unique au monde, des organisations culturelles nombreuses et exceptionnelles, une création artistique extrêmement dynamique et des formations académiques de très haut niveau. Ce contexte très riche était idéal pour créer un Institut Culturel où les nouvelles technologies sont au service de l’art et de la culture.